Volley-Ball : Saint-Jean d'Illac sur l'autoroute vers la Pro B

Posté : 09/02/2018 par Arnaud Carré, France Bleu Gironde
Impressionnant en phase régulière, grand favori pour la montée, candidat ce weekend à une place en finale de la coupe de France, le club girondin vit jusqu'ici une saison quasi-parfaite. Et son président Stéphane Hassoun a déjà bien planché sur la prochaine. Entretien.
France Bleu Gironde : est-ce que vous joueurs vous ont surpris en survolant leur poule ? 
Stéphane Hassoun : On ne s'attendait pas forcément à ce résultat là. Treize victoires sur quatorze par 3 sets à 0, c'est quasiment historique dans cette division. On aurait signé de suite pour un tel parcours. On s'attendait à une opposition un peu plus forte et à laisser quelques points chez nos adversares directs pour les playoffs. Ce qui n'a pas été le cas. C'est vraiment un bel exploit qu'ont réussi les joueurs. 
"Si on reste sérieux, qu'on garde la même vigilance et la même détermination qu'on a depuis le début de saison, on devrait remplir nos objectifs."
Le danger, c'est de vous croire arrivés ?
Il va falloir y faire attention. On a dans l'autre poule un adversaire, Martigues, qui a un parcours similaire au nôtre. On a 16 points, eux 14. En revanche, le fossé est creusé avec les éventuels troisièmes (ndlr : Fréjus à 10 points, soit deux victoires de retard). Donc si on reste sérieux, qu'on garde la même vigilance et la même détermination qu'on a depuis le début de saison, on devrait remplir nos objectifs. Ce parcours vous a-t-il permis d'anticiper la suite ? On y est déjà puisque le passage au professionnel passe par une candidature. On est dans un statut semi-professionnel avec un entraîneur professionnel à temps plein et quatre joueurs pros. Il en faut sept en Pro B donc on a fait un peu plus de la moitié du chemin. Financièrement, on a déjà commencé à travailler avec nos partenaires. 
"Il y a trois ans, les  partenaires privés représentaient 18 000 euros au club et vont représenter cette année près de 140 000 euros."
Prêt à franchir le fossé économique ?
 Le fossé économique est important mais comme on a préparé cette montée depuis trois ans, on a anticipé chaque année. Il y a trois ans, les  partenaires privés représentaient 18 000 euros au club et vont représenter cette année près de 140 000 euros. On a mécaniquement des subventions qui augmentent par rapport à notre niveau de pratique et une mairie qui nous soutient de manière indéfectible. Sur un budget de 350 00 cette année, on a besoin de 500 000 euros pour évoluer honorablement à ce niveau. C'est quelque chose qui n'est pas infranchissable. Tous les clignotants sont quasiment passés au vert.

La Pro B vous semble-t-elle un objectif raisonnable ou rêvez-vous à mieux ?
On ne s'interdit pas de rêver et demander à un sportif de se freiner dans ses performances, c'est compliqué.  On sera très fier de porter une équipe professionnelle à ce niveau. Le sport pro à Bordeaux est assez compliqué. Il n'y a que trois clubs avec les Girondins, l'UBB et les Boxers. C'est dans ce sens qu'on va essayer d’œuvrer pour que cette agglomération bordelaise soit un peu plus tournée vers cette problématique alors que d'autres villes de taille équivalente n'ont pas ces soucis là. 
"Evidemment que le nom de Bordeaux peut être associé à l'équipe mais en aucun cas on n'envisage de délocaliser la pratique de la compétition puisqu'on a une salle habilitée à accueillir des compétitions internationales. Lorsqu'on se déplace, nos adversaires annoncent qu'ils reçoivent Bordeaux. Donc il y aura peut-être des idées et des passerelles pour que la ville de Bordeaux nous accompagne et développe son image à travers le territoire national."
Un rapprochement avec la métropole est-il possible ? 
On a effectivement réfléchi à cette approche là mais est ce dans l'intérêt de cette équipe d'Illac de sacrifier un petit peu son identité ? Ce ne serait pas forcément judicieux par rapport à certains partenaires mais on aura certainement besoin de l'agglomération bordelaise pour nous aider dans notre projet. Evidemment que le nom de Bordeaux peut être associé à l'équipe mais en aucun cas on n'envisage de délocaliser la pratique de la compétition puisqu'on a une salle habilitée à accueillir des compétitions internationales. Lorsqu'on se déplace, nos adversaires annoncent qu'ils reçoivent Bordeaux. Donc il y aura peut-être des idées et des passerelles pour que la ville de Bordeaux nous accompagne et développe son image à travers le territoire national.

Allez-vous pouvoir garder vos meilleurs joueurs ?
On n'est pas à l'abri que certains de nos joueurs intéressent nos adversaires et la réciproque est vraie. On a fait venir des joueurs dans ce projet et on a quelques assurances et certitudes. C'est un club qui se structure mais qui reste familial. Les choses sont transparentes. On va faire le point tranquillement avant les playoffs. On sait ce qu'on a envie de faire, tout le monde veut aller au bout du projet ensemble. Il y aura certainement des exigences mais le budget prévoit ce genre de choses. On espère conserver la quasi totalité de notre effectif en amenant les deux ou trois retouches qui nous permettent de passer un cap sportivement. 
"Les joueurs ont ça dans leur tête. Une finale à Coubertin,  le club n'a jamais connu ça."
Après ces trois ans, que visera le club ?
Si on y parvient, il faudra pérenniser le club à ce niveau. Le prochain objectif c'est la création d'un centre de formation pour pouvoir alimenter l'équipe. C'est ce qu'on fait depuis des années, mais de manière informelle. Sans parler de l'équipe féminine, qui évolue en Nationale 2, et pour laquelle on a aussi des objectifs.  Le clou de la saison, ce serait d'aller remporter la coupe de France le 10 mars à Paris ? Les joueurs ont ça dans leur tête. Une finale à Coubertin,  le club n'a jamais connu ça. Ce weekend on affronte Epinal en quart de finale, un match à notre portée. Après, le match qui pourrait nous amener en finale nous opposerait à Martigues ou Fréjus qui ont dominé la poule B. Ce serait une belle répétition en vue des playoffs.